ZORIO

Depuis sa première exposition à la galerie Sperone de Turin en 1967, l’œuvre de Gilberto Zorio est liée à l’histoire de l’Arte Povera. ?Les premières productions sont des objets étranges, résultats d’actions achevées ou en cours, mettant en jeu des forces physiques et des réactions chimiques simples : Colonne, 1967, tube d’éternit en équilibre sur des chambres à air ; Rose/Bleu/Rose, 1967, cylindre d’éternit coupé dans sa longueur et rempli d’un mélange de plâtre et de cobalt qui change de couleur au gré des variations de l’humidité de l’air ; Piombi, 1968, constitué de deux plaques-récipients de plomb contenant respectivement de l’acide sulfurique et de l’acide chlorhydrique qui attaquent, plus ou moins lentement, et en prenant des couleurs différentes, une barre de cuivre recourbée dont les extrémités baignent dans les acides. Viennent ensuite des pièces impliquant l’action et la réaction du corps de l’artiste comme Odio (colère en italien), mot inscrit à la hache dans un mur. Le rôle des mots et de la parole est ici capital dans une œuvre traversée, "informée" par la langue. En 1969, Zorio participe à la célèbre exposition Quand les attitudes deviennent forme, organisée par Harald Szeemann à Berne. A cette occasion, il réalise Torcia, pièce radicale où des torches enflammées, suspendues au-dessus du sol, tombent en provoquant l’effondrement et la destruction de l’œuvre. ?En 1969, il expose également à Paris pour la première fois, et à New York pour la manifestation Nine at Castelli où, avec Anselmo, ils sont les seuls artistes européens confrontés aux artistes du Process Art, de l’Antiform et du Post-minimal.