MAINOLFI

Né en 1948 à Rotondi, Italie.Luigi Mainolfi est l'un des rares artistes qui, à la fin des années soixante-dix, s'était rendu compte que le grand arbre de la sculpture, celle qui s'était développée au cours des siècles, sans solutions de continuité, comme un tronc aux innombrables branches et aux racines très profondes, ne pouvait pas s'être soudainement desséché , qui ne vivait plus guère qu'à travers des survivances culturellement arriérées ou des phénomènes marginaux. Retrouver et régénérer la vitalité de ce langage-là en le greffant sur un champ d'imagination chargé d'énergies nouvelles, de nouvelles tensions plastiques : tel a été le défi relevé avec succès par l'artiste. Il s'agissait d'aller au-delà de ces expériences de la sculpture dominées par des critères de matrice constructive et minimaliste, ou,  encore, caractérisées par les modalités de l'assemblage ou de l'installation dans l'espace d'éléments et d'objets directement issus de la réalité urbaine ou naturelle (expériences, par ailleurs, fondamentales) pour redécouvrir une attitude créatrice et formelle qui semblait, désormais, n'avoir plus de futur, en remettant ainsi en jeu jusqu'aux matériaux classiques tenus pour épuisés, du moins quant à leurs potentialités expressives.                                                                                                                                                                           
Tout cela,  notons-le bien, sans sous-entendus conceptuels ou clins d'oeil citationnistes, et, naturellement, sans nostalgies de la tradition académique. Mainolfi y est parvenu en mettant en oeuvre un extraordinaire court-circuit esthétique et culturel dans les régions profondes d'une dimension plastique chargée de suggestions mythiques et archaÏques - et une sensibilité contemporaine qui n'a, certes, pas oublié les apports les plus vitaux des recherches de ces dernières décennies comme, par exemple, l'interaction organique entre le travail artistique et l'espace où il s'expose ou, encore, la fonction cruciale des caractéristiques primaires des matériaux dans la détermination de l'identitié spécifique de l'oeuvre. Ses sculptures ont, dès le début, abandonné les piedestaux pour évoluer librement dans leur environnement : elles s'installent et prolifèrent sur les planchers et les murs : elles se développent comme des organismes, en formes vivantes articulées, et croissent comme des stalagmites, des colonnes ou des pilastres et même jusqu'à se conjoindre aux plafonds ; elles se regroupent, plus paisiblement, sur la surface des tables ; elles mettent en scène une narration visuelle énigmatique et fantastique qui vient transformer  les coordonnées spatio-temporelles habituelles en une dimension aussi enchanteresse que silencieuse.