FAUTRIER

1898

Naissance de Jean Fautrier à Paris.


1907

Mort du père de Jean Fautrier. Sa mère quitte la France pour s'installer en Angleterre. Quelques mois plus tard, elle fait venir son fils et le met dans un collège de Londres. Il y reste peu de temps. Sa vocation artistique, déjà manifeste à Paris, le pousse vers les écoles d'art: Académie privée, puis la Royal Academy et la Slade School. Déçu par l'enseignement artistique, il décide de prendre un atelier et de travailler seul.


1917

Est rappelé en France pour y être mobilisé.


1918

Atteint par les gaz et blessé à l'oeil, il fait plusieurs séjours à l'hôpital. Sa santé reste fragile.


1920

Réformé définitivement, il rentre à Paris et loue un atelier à Montmartre. Voyage à Berlin, Dresde. Vacances d'été dans le Tyrol, en 1920 et 1921, durant lesquelles il se remet à peindre.


1923

Quitte la butte dont il ne supporte plus la couleur locale et s'installe rue Hippolyte-Maindron. Place des tableaux à la galerie Fabre, où il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. Premiers essais de gravure, dont un "Autoportrait".


1924

Première exposition personnelle (galerie Visconti).


1925

Le marchand Paul Guillaume lui achète quelques toiles.

1926

Fait la connaissance de Sborowsky, poète, ami de Modigliani, marchand aussi et qui s'occupe pendant quelques mois de vendre sa peinture.


1927

Passe avec Paul Guillaume un contrat d'exclusivité. Grâce à lui et à Jeanne Castel, sa peinture se vend bien. S'installe au 30 rue Delambre, dans l'ancien atelier de Gromaire.


1928

Passe l'été à Port-Cros ( Iles d'Hyères). Rencontre André Malraux. Par l'intermédiaire de ce dernier, les éditions Gallimard lui demandent les illustrations pour un texte poétique. Fautrier pense d'abord aux "Illuminations" de Rimbaud mais y renonce. Se décide alors pour "L'Enfer" de Dante.


1930

Le contrat avec Gallimard est mis au point. 34 lithographies en couleur sont prêtes mais le projet tourne court. L'artiste en est très affecté. La crise économique touche durement marchands et artistes. Paul Guillaume rompt le contrat qui garantissait à Fautrier une rente régulière. Jeanne Castel n'a plus un sou.


1933

Les lythographies de "L'Enfer" et d'autres de ses oeuvres sont exposées dans les locaux de la NRF à Paris.


1934

A bout de ressources, Fautrier quitte Paris pour les Alpes. Il devient professeur de ski et gérant d'une auberge-dancing à Tignes d'abord, puis à Val d'Isère. La vie difficile de ces années-là ne lui laisse quasiment pas le loisir de peindre.


1940

Rentre dans Paris occupé. Sent l'urgence de se remettre à peindre et prend un atelier au 216, boulevard Raspail, qui servira de lieu de rencontre à ses amis résistants. Se lie d'amitié avec Jean Paulhan.



1942-1945. 

En peinture, adopte définitivement la technique de l'enduit épais et "travaillé" qu'il utilisera jusqu'à la fin de sa vie. En janvier 1943 les allemands perquisitionnent dans l'atelier du peintre, n'y trouvent rien mais le tiennent sous surveillance. Paulhan indique à Fautrier un abri sûr: une institution pour malades mentaux à Chatenay, dans la banlieu de Paris. Il y peint les "Otages". Rencontre Jeanine Aeply, sa future femme et collaboratrice pour les "Originaux multiples". Ils auront deux enfants. Début d'une longue collaboration avec l'éditeur Georges Blaizot; création des gravures en couleur pour "Orénoque", des lithographies en couleur pour "Lespurgue", qui illustrent des poèmes de Robert Ganzo, et de 31 gravures pour "Madame Edwarda", de Georges Bataille. En aout 1945, s'installe dans une vieille demeure à Chatenay-Malabry. Exposition des "Otages" chez Drouin. 


1947

Publication chez Blaizot de "L'Alleluiah", de Georges Bataille, illustré de 18 lithographies et de "La femme de ma vie", ouvrage dans lequel les gravures de Fautrier scandent un poème d'André Frénaud.


1947 -1949. 

Travaille à l'illustration de "Fautrier l'enragé", texte de Jean Paulhan, un grand volume de luxe publié par Blaizot. L'ouvrage ne rencontre aucun succès. Pressé par le manque d'argent et scandalisé par la laideur des reproductions d'art, Fautrier cherche le moyen de faire de bonnes reproductions de toiles d'artistes connus. Malraux qui dirigeat les éditions d'art de la Pléiade pour Gallimard lui propose de s'occuper de la réalisation des reproductions de deux volumes sur Leonardo et Vemeer. Pour vérifier sur les originaux la véracité des reproductions, il visite les musées des nombreuses villes en Hollande, en Belgique, en Italie, aux Etats-Unis.

1949 -1953. 

Met au point un procédé artisanal, mi-estampe, mi-peinture, pour produire en de nombreux exemplaires des oeuvres originales de son invention et qu'il appelera les "originaux multiples". Les expose à Paris et à New York. En vend très peu.


1955 -1958. 

Fait des très nombreux voyages.


1956

Invasion de la Hongrie. Fautrier y répond par une série de "Têtes de partisans".


1958

Contrat d'exclusivité avec Michel Couturier qui, au début des anéées soixante, avec l'imprimeur Jacques David, met en oeuvre un retirage des anciennes plaques et publie de nouvelles gravures. Visite le Japon en compagnie de Paulhan et Edith Boissonnas, Ungaretti.


1960

Exposition dans le pavillon italien à la Biennale de Venise. Le peintre reçoit le Grand prix international de la peinture.


1961

Grand prix de la Biennale de Tokyo.


1963

Publication chez Françoise Mermod, Lausanne, de l'"Asparagus", petit ouvrage où les gravures de Fautrier et les vers de Francis Ponge se marient avec un rare bonheur.


1964

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris rend hommage au peintre par une grande rétrospective. Fautrier déjà malade, ne peut s'y rendre. 

Il meurt à Chatenay le 21 juillet 1964.