CALZOLARI

PIER PAOLO CALZOLARI



Né à Bologne en 1943.

Pier Paolo Calzolari doit à une forte affirmation de sa liberté individuelle de ne pas être laissé enfermer dans le piège de cette belle idée qui fut sienne d'utiliser le froid artificiel comme élément plastique.

Sa première exposition personnelle en est comme le programme: en 1965 à Bologne, il présente un environnement intitulé Il filtro è benvenuto all'angelo où les spectateurs, après s'être déchaussées et avoir traversé un étroit couloir éclairé en lumière noire sont plongés dans une chambre hallucinatoire tapissée de gazon, où volètent trente-six colombes blanches. Dès lors, son oeuvre ne cessera d'exalter le passage: entre espace physique et espace mental, l'instant et la durée, le langage et la forme. La dimension théâtrale de la performance est pour lui un élément essentiel qu'on ne trouve guère, à ce degré de complexité en tout cas, que chez Pistoletto, qui s'entourera de sa propre compagnie et peut-être chez Kounellis.

Aussi n'est-il pas rare que ses installations recourent à des procédés scéniques, sonores en particulier. Le dispositif qui fut présenté à la Biennale de Paris en 1970, puis à la galerie Sonnabend avant d'entrer dans les collections de l'Etat français, peut se décrire comme un environnement : douze ampoules électriques de forme classique penchent au plafond; autour de chacune d'elles, un néon qui semble un agrandissement du filament incandescent que l’on trouve à l'intérieur de l'ampoule. Ce filament grossi est en réalité un mot, chaque fois différent. Trois magnétophones diffusent ces mêmes mots murmurés à voix basse. L'objet devient un signe, qui devient une voix.

Le conflit pour Calzolari n'est pas entre la présentation des choses et leur représentation. Nombre de ses oeuvres aujourd'hui mêlent objets et tableaux. Une performance présentée à Turin en 1960 explicite cette logique: elle mettait en présence deux peintures rouges devant lesquelles se tenait un cracheur de feu en action. Dans ce dialogue dangereux de deux incandescences, on peut lire le mouvement de perpétuel devenir qui ordonne le projet de Calzolari.